
Définir précisément la nature de l'aikido peut sembler une gageure, tant ses implications sont nombreuses et subtiles.
Si son fondateur lui-même, n'expliquait pas l'aikido, il paraît toutefois raisonnable de le présenter comme suit. L'aikido est un art martial japonais élaboré par Ueshiba Morihei qui y voua toute sa vie. Il consiste en une série de projections et de contrôles au sol d'un ou plusieurs partenaires portant une attaque.
Avant de poursuivre, le lecteur saura qu'aucune littérature ne pourra jamais remplacer la pratique d'un art martial. Les différents textes proposés sur ce site ne le sont qu'à titre indicatif.
L'aikido en quatre mots
Attaques
L'aikido se propose de résoudre différentes situations d'attaques , telles que saisies, frappes, étranglement
Le nombre d'attaquants varie, de même que les positions de travail (assis sur les genoux, semi-assis et debout).
Malgré son aspect esthétique évident pour le spectateur, l'aikido n'est en rien une chorégraphie. Il s'agit d'un art martial viril et efficace.
Relation gagnant-gagnant
La relation entre la personne attaquée et celle qui attaque se défini en terme de partenaires et non d'adversaire.
L'aikido étant la recherche permanente de l'harmonie, chacun des protagoniste participe de manière égale au mouvement. Les techniques ne sont applicables que sur des attaques franches, dans lequelles l'attaquant investi son énergie.
Dans le même ordre d'idée, si l'attaqué est toujours en sécurité grâce à sa position, l'utilisation d'un déséquilibre ou la possibilité de frapper ; l'attaquant ne cesse pas son attaque lors d'une chute et tente à tout prix de « renverser la vapeur ». L'aikido réinvente le mouvement perpétuel…
Armes
L'aikido emploie aussi des armes en bois (sabre, bâton et couteau) dont le but est essentiellement pédagogique : sens de la coupe, extension du mouvement, distance correcte, concentration relative au danger
Non-compétitif
Par sa nature même, l'aikido reste un art martial et en aucun cas un sport. La compétition en est donc totalement absente. La victoire sur autrui est un concept étranger à l'aikido qui vise l'évolution personnelle et l'harmonie.
Ainsi, le fondement de L'aikido est la non-résistance. Il ne s'agit pas d'opposer sa force à celle de son partenaire, mais mais bien d'absorber la sienne pour lui renvoyer. L 'aikido peut donc être débuté par des individus de tous âges et de toutes conditions physiques.
L'aikido en théorie
L'aikido est l'exemple parfait d'un art martial japonais tout à la fois moderne et pourtant bien ancré dans une tradition séculaire.
Moderne puisque la réalité d'un art martial du xxie siècle ne se situe plus sur le champ de bataille, mais bien dans le dépassement de ses propres limites physiques et mentales.
Traditionnel par la pratique d'un cérémonial vivant, héritier d'une culture ancestrale du respect (du partenaire, des professeur, de ses droits et devoirs).
La richesse de cet art est sans aucun doute indiquée par son premier idéogramme « ai », qui peut se traduire par harmonie, correspondance, ajustement, adaptation, exactitude.
Tout en étant une recherche perpétuelle d'harmonie entre pratiquants privilégiant la relation de partenaire plutôt que d'adversaire, l'aikido est surtout un art viril, puissant et très efficace à long terme.
Les mouvements de défense étant en harmonie avec l'attaque, il n'y a pas d'opposition, pas de chocs lors de la rencontre ; permettant à tout un chacun (dames, hommes et enfants) de pratiquer à son rythme.
Last but bot least, notons que l'aikido ne connaît pas de compétition : l'idée de vouloir être « meilleur » que son partenaire nous est totalement inconnue et de tout façon impratiquable.
L'aikido en pratique
L'aikido est constitué de deux types principaux de techniques : les projections et les contrôles.
Les projections misent sur l'utilisation de l'attaque, l'absorption de celle-ci et l'application d'un déséquilibre rationnel, ne faisant en aucun cas appel à la force.
Les contrôles permettent de « maîtriser » son partenaire à l'aide d'une immobilisation ou d'une clef sur une articulation
La pratique de nombreuses techniques peut se faire debout ou à genoux ; à main nue ou armé.
Les armes (en bois ) sont : le couteau, le sabre et le bâton (tantô, ken et jo) et permettent un travail très réaliste.
Il est important de noter que si les enfants pratiquent les armes beaucoup de plaisir, les techniques de contrôle, ainsi que les projections faisant appel aux clefs sur les articulations sont totalement proscrites des cours juniors.
L'aikido et la santé
Bien que l'aikido ne soit en aucun cas une gymnastique d'entretien, mais un art martial impliquant pratique régulière et intense ainsi que mise à l'épreuve du corps ; celui-ci est appréhendé de manière progressive et sans danger majeur, puisque sous l'œil averti d'un professeur qualifié.
De plus, les dangers inhérents à la compétition ne concernent pas l'aikido qui ignore celle-ci.
L'aikido et le physique
Comme toute pratique physique harmonieuse, l'aikido développe les systèmes cardio-vasculaires et lymphatiques, les capacités aérobie et anaérobie, l'endurance, la souplesse, la vitesse de réaction et dans une moindre mesure, la force physique.
Plus spécifiquement, il forme le corps aux chutes sans douleurs (ukemi), replace le corps dans une posture naturelle et forte (augmentation de la puissance grâce à l'usage des hanches), développe le sens de l'équilibre et la perception tridimensionnelle, endurci et assoupli les articulations, et enfin, forme la respiration.
L'aikido et le mental
L'adaptation mentale exigée face au danger potentiel d'une attaque est des plus profitable dans la gestion du stress au quotidien(vie professionnelle, familliale…)
Le respect des pratiquants et du cérémonial, la vigilance, la prise de confiance, le travail sur des situations d'agression, l'idée de partenariat et l'absence de compétition aident à gagner en stabilité émotionnelle.
Le fondateur de l'aikido
Plus connu des pratiquants sous le titre d'O-Sensei (grand maître), Ueshiba Morihei fut un homme au destin particulier.
Témoin singulier de l'époque instable marquant la transition entre le Japon traditionnel et le Japon moderne, il voua sa vie à l'étude de différents arts martiaux anciens, tant à mains nues (daito ryu jujutsu, aikijutsu), qu'armés (kenjutsu, jikenjutsu, yarijutsu).
À l'instar des maîtres Kano et Funakoshi — fondateurs du judo et du karatedo — dont il fut le contemporain, ce n'est qu'au terme de cette étude approfondie qu'il pu tirer ses propres conclusions. Ces dernières prirent forme sous d'une pratique nouvelle : l'aikido.
À son décès, son fils Ueshiba Kisshomaru reçu le titre de Dôshu (lit. « gardien de la voie ») et répandit l'aikido à travers le monde. Le Dôshu actuel n'est au0tre qu'Ueshiba Moriteru, petit-fils du fondateur.
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