 Parler de l'iaido en quelques lignes semble utopique, d'autant qu'aucune littérature ne remplacera jamais la pratique. Comme pour tout art martial véritable, une vie ne suffirait pas pour en découvrir tous les aspects.
Nous pouvons donc décrire brièvement l'iaido comme l'art japonais d'utiliser le sabre réel porté au fourreau. Il consiste à à dégainer rapidement et à porter une contre attaque face à un ou plusieurs adversaires.
Bien qu'un art martial à part entière, l'iaido est considéré comme un complément idéal à l'aikido, au kendo, ou encore au karatedo. Les judoka apprécient egalement l'apport de l'iaido dans la tenue du sabre indispensable à certains kata.
Avant de poursuivre, le lecteur saura qu'aucune littérature ne pourra jamais remplacer la pratique d'un art martial. Les différents textes proposés sur ce site ne le sont qu'à titre indicatif.
De la mort à la vie
La pratique du sabre, selon la tradition japonaise comporte deux visions principales :
- Le ken-jutsu, qui est l'art de manier le sabre déjà retiré du fourreau. Les aikidoka le connaissent sous différentes formes, telles que l'aiki-ken (usage du sabre en aikido) ou encore via le style Kashima, qui lui est généralement associé. Dans les arts martiaux modernes, le ken-jutsu a donné naissance au kendo, le combat en armure et au sabre en bambou.
- L'iai-jutsu, qui est l'art de manier le sabre encore rangé dans son fourreau. Le geste de dégainer de manière défensive ou offensive faisant alors partie intégrante des techniques à maîtriser pour survivre au combat.
Ce n'est que vers la fin du XIXe siècle que l'iai-jutsu devint l'iai-do. De fait, suite à la pacification générale des mœurs (marquée par l'interdiction du port du sabre), de nombreux arts martiaux privilégièrent l'aspect spirituel et moral. Cette métamorphose est soulignée par l'utilisation du terme do, le chemin (dans le sens de «recherche»), en remplacement de jutsu, la technique (ju-jutsu/judo, ken-jutsu/kendo, etc...)
Privilégier la spiritualité ne signifie pas pour autant négliger l'efficacité martiale dans la pratique. Même dans sa conception moderne, l'iaido est l'art de tuer un ennemi. Cette vision, qui peut paraître dure dans notre monde par trop édulcoré, est nécessaire à une pratique juste et conforme à la réalité. L'iaido n'est pas une chorégraphie vide de sens, mais bien un art vivant.
Comme tout budo (art martial) moderne, l'iaido ne peut donc se contenter de figures esthétiques. La réalité du combat à mort doit être présente tout en étant indissociable d'une courtoisie, d'un respect des pratiquants et du lieu où l'on pratique.
Cette vision du combat au sabre dont l'issue ne peut être que la mort de l'ennemi est une excellente école spirituelle que le japonais nomment « seishin tanren » : la forge de l'esprit. Face à l'inéluctabilité du combat, l'esprit se doit d'être clair, lisse et trempé comme la lame du sabre.
En dehors des exercices, cette vigilance s'exprime également au travers d'un cérémonial dont chaque geste trouve son origine dans une réalité de combat. Liant incontestablement l'iaido à d'autres pratiques nippones telles que shodo, la calligraphie ; cha no yu, la cérémonie du thé, zazen, la méditation...
L'iaido en bref
Si l'usage du sabre est quasi universel, ce dernier a pris au Japon médiéval une importance telle qu'elle modifia la façon d'envisager la vie et la mort d'une manière très particulière.
Il en reste aujourd'hui un état d'esprit que l'on peut encore retrouver chez de nombreux cadres ou employés des sociétés japonaises, mais également une série de pratiques dont le sabre est le support fondamental.
Avec l'aikiken, le kenjustsu et le kendo, l'iaido est une pratique ancienne qui trouve plus que jamais sa place dans la société moderne.
L'iaido est l'escrime au sabre réel, porté au fourreau. Son but est de dégainer, maîtriser puis trancher l'ennemi qui tente de vous porter atteinte. Pour des raisons évidentes de sécurité, l'iaido se pratique seul. Avec en face de soi un ennemi imaginaire que l'on matérialise par soi-même ; à chaque coupe, le pratiquant tranche son ego
Nous sommes loin des duels de cow-boy. En iaido, c'est l'esprit qui permet de gagner le combat et non le sabre : la vigilance, le placement du corps, le regard, la position menaçante de la lame... sont autant d'élément déterminants de l'issue du combat.
Toutes les écoles sont construites sur une même base : la réalité du combat à mort. Loin de constituer une technique barbare ou morbide, cette façon d'aborder l'iaido permet de retrouver le véritable esprit et la sobriété indispensable à toute progression dans ce geste si simple et à la fois si difficile qu'est la coupe au sabre. Sobriété et état d'esprit qui se retrouvent dans l'étiquette rituelle qui accompagne chaque geste de la pratique.
Deux écoles
La notion d'école (synonyme de style) est étroitement liée à l'histoire du Japon. L'appartenance à un clan, la relation à une tendance philosophico-religieuse, la longueur du sabre, le nombre de sabres employés simultanément, l'inclinaison pour dégainer ou rengainer le sabre, etc. sont autant d'éléments qui les distinguent. Toutes partagent un même but : sobriété et efficacité.
Notre dojo pratique deux écoles d'iaido tant distinctes que complémentaires :
- Zen Nihon kendo renmei iaido (zen ken ren en abrégé et aussi connu sous son nom officieux de « Sete iai ») est une école « moderne » destinée à maîtriser des gestes communs à toutes les écoles (dégainer, trancher et rengainer). Il s'agit d'une méthode d'apprentissage rigoureuse où le moindre détail tient une grande importance. On peut considérer Zen Ken Ren comme une excellentete introduction aux écoles anciennes.
- Muso shinden ryu est un koryu (école ancienne) dont l'origine remonte au XVIe siècle et qui est la base de nombreux autres styles. Il s'agit de l'école classique par excellence. Une plus grande marge est offerte au pratiquant, mais le grand nombre de kata et la complexité croissante des situations compensent cette apparente liberté.
Qu'est ce qu'un kata ?
Pour des raisons évidentes de sécurité, l'iaido se pratique seul. Bien que des exercices mettant en scène deux protagonistes, ou plus, dans ce cas armés de bokken existent, l'iaido est une pratique essentiellement solitaire grâce au kata.
Littéralement « moule , modèle », mais aussi « convention scénique », le kata est un combat ou chaque geste est connu d'avance et immuable. Loin d'être une chorégraphie, il constitue à la
fois un recueil de techniques, un apprentissage des postures et du regard, une épreuve de concentration et de vigilance…
Zen Nihon kendo renmei iaido (zen ken ren en abrégé) comporte douze kata. Ils enseignent les postures fondamentales : assis sur les genoux, semi assis et debout, ainsi qu'un nombre d'ennemi variant de un à quatre et les positions de ces derniers (devant, derrière, sur le côté, encerclement…)
Muso shinden ryu comporte beaucoup plus de kata regroupés en quatre séries de difficultés croissantes. Outre les mêmes bases que Zen ken ren, ils enseignent des éléments historiques et martiaux. Exemple flagrant de cette manière extraordinaire d'appréhender l'histoire du Japon, un kata enseigne le rôle d'assistant au suicide rituel par honneur (seppuku, aussi connu comme harakiri).
L'iaido et la santé
Les bienfaits directs de l'iaido sont sans aucun doute la gestion de la respiration, de la correction de la posture, de la souplesse et du développement de la puissance des hanches.
En outre, aucune chute n'existe dans cette discipline. Les personnes souffrant de traumatismes trouveront dans l'iaidoune pratique alliant tant le physique que le mental.
De fait, la concentration, la vigilance, le respect des détails entrent autant en ligne de compte dans la pratique que dans le cérémonial. L'extrême attention qu'exige ce dernier permet de se recentrer physiquement et mentalement.
Après avoir acquis les gestes fondamentaux (dégainer, armer, couper et rengainer) ainsi que les kata de base, le pratiquant s'efforcera de donner vie à son art.
Les coupes deviennent incisives et donc efficaces. Les déplacements gagnent en amplitude et en vitesse. Le regard s'aiguise, permettant de dominer d'avantage par l'esprit que par le sabre…
… Autrement dit, la pratique devient réellement martiale sans danger aucun pour la santé.
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